Comment gérer les conflits et les mauvaises relations au travail

Après 2 années intenses, suite à la pandémie et aux ajustements nécessaires qui ont dû être mis en place dans le monde du travail, le retour à la « normale » s’amorce.Et avec…le retour sur les lieux du travail…

Nombreux sont ceux et celles qui ont pu fonctionner en télétravail et qui vont bientôt – si ça n’est pas déjà fait – retrouver leur bureau, leurs collègues, leurs patrons, les espaces à aire ouvert, la salle à café, etc… avec tout ce que cela comporte.

Et pour tout le monde, ça n’est pas si évident que cela….

Ce que je remarque, ce sont des réactions variées, mitigées, voire opposées des personnes concernées.

La plupart sont contentes de retourner sur place, revoir leurs collègues, pouvoir socialiser, retrouver leurs anciennes habitudes et les lieux où ils passaient 7 à 8 heures par jour pour la majorité !

D’autres n’ont pas du tout envie de reprendre cette routine, les trajets avec tout ce que cela comporte comme temps perdu, bouchons (congestions), fatigue et stress et aussi, sur place, le manque d’intimité, de calme, de confort… Ils se sentent mieux en télétravail et aimeraient prolonger cette façon de fonctionner.

Enfin quelques-unes se sentent tiraillées… entre 2 envies : retrouver le présentiel avec tout ce qu’elles apprécient et s’en éloigner pour éviter ce qu’elles redoutent… comme les relations avec certain(e)s collègues, patrons, employés.

Un réel dilemme.

Car le fait d’avoir été chacun dans sa bulle pendant ces 24 mois a permis d’éloigner certaines sources de conflits. Mais ça ne les a pas faits disparaître, comme par un coup de baguette magique, surtout si cela concerne la relation entre 2 personnes et que rien n’a été accompli pour résoudre leur problème.

Et donc, en même temps que de se retrouver en présentiel, les personnes vont se retrouver confronter à leurs anciens désagréments ou à de nouveaux conflits.

Rien de très emballant…

Pour savoir comment réagir et surtout s’en sortir, il est nécessaire de prendre un temps de recul et décider quelle attitude adopter, quel genre de relation désirer et surtout, en priorité, prendre conscience des sources de conflits.

Les sources de conflits et des mauvaises relations entre collègue au travail 

Il existe plusieurs sortes de désagréments qui peuvent être mis en cause.

Il y a les « environnementales » :

  • Bureaux à aire ouverte avec tous les bruits qui vont avec :
  • Rires
  • Voix fortes
  • Brouhaha
  • Les conditions comme la luminosité, la climatisation, le chauffage
  • Le matériel inadapté, peu ou pas ergonomique
  • Etc…

Il y a aussi des facteurs humains :

  • La mauvaise organisation et répartition du travail
  • Les managers « absents », parce que n’assumant pas leur rôle ou ayant eux-mêmes trop de travail
  • Le manque de ressources
  • Les objectifs inatteignables
  • Les dirigeants qui ne savent pas diriger !
  • Les personnes avec qui on ne s’entend pas

Pouvoir cerner la ou les causes vous permettra de mettre en place certaines solutions, quand cela se révèlera possible.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des manières de faire et d’être pour affronter les relations néfastes, éviter les conflits et se protéger.

J’en parle de façon détaillée dans mon livre : « Les saboteurs sont parmi nous« 

Vous y trouverez beaucoup d’outils et stratégies pour vous défendre et réagir.

Aujourd’hui, je vais plus évoquer les solutions face à des irritants, des désagréments plus « légers ».

Et le 1er point important sera de toujours vous demander qu’elle est votre part dans ce que vous vivez.

Par exemple :

Vous êtes frustré, déprimé, épuisé ou démotivé parce que :

  • vous avez trop de travail et votre collègue moins
  • votre collègue vous demande sans cesse des conseils ou vous dérange tout le temps
  • vous vous sentez envahi dans votre espace personnel, votre bureau par votre collègue qui s’étale, laisse trainer ses affaires, est « brouillon »
  • vous ne supportez plus sa voix forte au téléphone
  • vous redoutez qu’il vous parle parce qu’il se plaint tout le temps, voit tout en noir, n’est jamais satisfait et vous gruge votre énergie
  • c’est une personne bavarde qui vous fait « perdre votre temps »
  • il est méprisant, critiqueur, arrogant, envahissant ?
  • il vous ignore

Mais, de votre côté, avez-vous :

  • su refuser certains mandats, certaines tâches ?
  • dit non ?
  • mis les bonnes limites ?
  • expliqué votre malaise ?
  • signalé votre inconfort ?
  • mis fin à la conversation ?
  • exprimé votre désaccord ?

Vous n’osez pas dire ce que vous avez sur le cœur de peur de créer un conflit, de la réaction de l’autre, par manque d’assurance, …

Mais si vous ne vous positionnez pas, vous laissez le champ libre à l’autre, vous lui permettez de continuer, vous l’autorisez même…

Comme dit la formule : « Qui ne dit mot, consent ».

Donc, même si ça vous déplait d’en prendre conscience, une part de votre désagrément vous revient.

En plus, trop souvent, au lieu de communiquer ce que nous ressentons, nous nous refermons. Ou encore, nous allons nous plaindre à un autre collègue.

Mais jamais nous nous adressons à la personne en cause…

Grave erreur….

C’est pourquoi vous avez besoin de mettre en place différentes techniques pour vous respecter et vous faire respecter.

Préserver son bien-être au travail

17 stratégies pour faire face aux conflits et mauvaises relations au travail

1. Identifier le problème réel

Lorsqu’une personne vous irrite, vous gruge votre énergie ou au contraire, vous ignore – ce qui peut être très difficile à vivre – dire simplement : « il m’énerve ! » ou « je ne le supporte plus ! », ça n’est pas suffisant.

Ça-ne-sert-à-rien !

Il est important de bien définir, pour vous-même, ce qui vous pose problème, quelles sont les valeurs atteintes, les comportements qui vous dérange.

Cela permet de mieux réagir, trouver la solution la plus adéquate.

2. Cherchez d’où viennent vos émotions, la source de votre irritation

Souvent, lorsqu’une personne « nous tape sur les nerfs », nous irrite, c’est que cela touche quelque chose chez nous, une corde en lien avec notre histoire personnelle.

En recherchant la source de cette irritation, cela vous permettra de mettre la bonne distance émotionnelle avec cette personne qui n’est qu’un « révélateur » d’autre chose : blessure d’enfance, zone sensible, pattern…

3. Tenter de comprendre la cause du comportement de l’autre

Si, par exemple, un collègue vous ignore, très souvent, c’est une façon d’attirer l’attention sur quelque chose que l’on reproche à l’autre.

Ou, de façon très indirecte, de manifester que l’on a peur de lui.  

Donc, interrogez-vous sur ce qui a pu se passer dans votre relation et ce que vous avez pu provoquer qui a entrainé cette réaction chez l’autre.

4. Mettre des mots sur ce qui se passe au moment où ça se passe !

Cela fait plusieurs fois que votre collègue :

  • vous interrompt lors d’une présentation
  • critique de manière négative et/ou systématique ce que vous faîtes
  • fait une réflexion désagréable ou tendancieuse
  • se montre ironique envers vous
  • etc

N’hésitez pas à le soulever, de manière très calme et posée, mais aussi très froide, au moment où ça arrive.

Ou d’utiliser l’humour, les traits d’esprit à une provocation.

Ayez de la répartie, des phrases toutes prêtes comme :

Par exemple :

  • C’est la 3ème fois aujourd’hui que tu m’interromps. Merci de me laisser finir ma présentation sans interruption. Je répondrais à tes questions et remarques après.
  • J’entends ce que tu dis, je ne me reconnais pas dans tes propos.
  • Je te remercie d’être si attentif à ce que je présente. Et de m’éviter des écueils en soulevant certaines questions.
  • Merci pour ce beau compliment…
  • Si tu le dis…
  • Préviens-moi quand je dois rire
  • On n’est pas obligé de te croire
  • Ce sont tes (chiffres, résultats, constats…), ce ne sont pas les miens.

Face au sarcasme, l’ironie, vous pouvez réagir au contenu littéraire et ignorer le ton, comme si vous n’aviez pas compris. Répondez à l’opposé, avec sincérité.

De cette façon, la personne sarcastique est obligée de s’expliquer et vous éviterez de nouvelles attaques.

5. Ne pas le prendre personnellement

Vous le savez, mais dans le feu de l’action, vous l’oubliez !

9 fois sur 10, nous servons d’exutoire, de « pushing ball » aux autres. Ce n’est pas après nous personnellement qu’ils en ont…Ils ont juste besoin de se défouler…

Et vous vous trouvez au mauvais endroit au mauvais moment.

Donc, prenez un recul mental, une attitude détachée.

Imaginez ce collègue comme un petit animal qui s’agite dans un bocal ! Vous serez moins atteint.

6. Répondre de manière très limitée

Restez professionnel et répondez.

Mais vos réponses et le ton neutre que vous emploierez n’inviteront pas à la conversation.

« Oui », « non », « voilà », « voici le compte-rendu, « pas maintenant », « je vais y réfléchir », etc…

Pas de justification, pas de commentaires.

Vous n’entrez pas dans la discussion.

7. Répéter, répéter, répéter

Si la personne insiste, s’incruste, ne comprend pas que vous ne désirez pas lui parler ou prolonger la conversation, répétez, répétez, répétez :

  • Je suis occupée
  • Je dois finir…
  • J’en (re)parlerais plus tard
  • Merci de me laisser finir mon travail

Sans autre commentaire

8. L’éviter

Dans la mesure du possible, l’éviter vous aidera à moins vous sentir « grugé » dans votre énergie. Alors :

  • Prenez vos pauses à des heures différentes des siennes
  • Mangez à d’autres endroits
  • Retrouvez d’autres collègues
  • Donnez-vous des RDV de travail avec des clients, partenaires…pour être indisponible lorsqu’il est là
  • Éventuellement, demandez à changer de tâche, bureau, horaire, service, département…

9. Refuser ces invitations

« Non merci ! »

Tout simplement…

Pas besoin d’expliquer, de se justifier.

C’est simple et efficace

10. Ignorer la personne et son comportement

Moins vous y prêterez attention, moins vous serez atteint.

Un peu comme lorsqu’un bruit vous dérange et que vous l’oubliez … vous ne l’entendez plus.

Focalisez-vous sur les aspects positifs de :

  • votre travail : les autres collègues, la tâche à accomplir, le mandat à décrocher.
  • cette personne : ses idées innovantes, sa générosité, sa bonne humeur, ses qualités organisationnelles…

Occupez votre esprit différemment, par autre chose !

11. Proposer une rencontre autour d’un café

Si vous sentez que c’est possible, qu’il peut y avoir un dialogue, que cette personne est ouverte à la communication, cela peut permettre de briser un malentendu, de régler des mésententes, corriger des erreurs, découvrir des quiproquos et du coup, supprimez bien des dissensions.

12. Évoquer le problème, en parler à la personne concernée

Confrontez la personne de manière constructive sans émotion mais en parlant des faits et apportant une solution peut avoir un effet très bénéfique pour elle-même et pour vous.

C’est comme crever un abcès. Ça permet de le soigner et de le guérir.

Et, dans la mesure où vous proposez un ou des solutions, la personne peut difficilement refuser.

(Une bonne technique pour le faire a été proposée par David Servan-Schriber qu’il a appelé : Le SPMACEE.  Je vous invite à la découvrir en lisant… ) en attente de la référence

13. Trouver des points communs et /ou des intérêts communs

Plutôt que vous focalisez sur ce qui vous hérisse, vous fait grincer des dents, pourquoi ne pas chercher ce que vous avez en commun ou qui pourrait vous rapprocher ?

 Vous aimez tous les 2 : le soccer, le hockey, la pêche…

Cela vous permettra de faire la part des choses, d’être moins sensible aux irritants , d’équilibrer votre relation

Bien sûr, il existe des circonstances où, malheureusement, vous n’aurez pas le pouvoir, les atouts, l’accord, …pour faire évoluer les choses.

Si vous avez testé assez longtemps les stratégies précédentes et qu’il n’y a eu vraiment aucun changement, arrêtez de croire que la personne va changer.

14. Cesser de vous faire des illusions

Personne au monde ne modifiera un comportement, une attitude ou une croyance si elle n’en a pas envie.

C’est là que vous aurez besoin de vous rappeler cette belle formule de Reinold Neibuhr, théologien américain :

 « Dieu, donne-nous la grâce d’accepter avec sérénité les choses qui ne peuvent être changées, le courage de changer celles qui devraient l’être et la sagesse d’en connaître la différence. »

Et de vous interroger sur la suite à donner, comme, par exemple :

15. Préparer un dossier, documenter ses comportements inadéquats

Si les comportements de ce collègue peuvent vous nuire, arrangez-vous pour rassembler les éléments de preuves. C’est nécessaire et vital.

On n’accuse pas sans preuve. Et cela vous servira lorsque l’occasion de le confronter et/ou de le dénoncer se présentera.

16. En référer à un supérieur

Une personne toxique peut faire de vrais dégâts, importants, durables.

Vous avez besoin d’en parler pour prendre du recul, faire la part des choses, chercher du soutien ou de l’aide.

17. Partir « Courage, fuyons ! »

Si cela devient trop lourd, toxique ou impossible (par exemple dans le cas où c’est votre supérieur hiérarchique), vous avez le droit (pour ne pas dire le devoir) de quitter, partir dans une autre entreprise, un autre département, un autre service.

Pour les 3 derniers points évoqués (15, 16 et 17), pour mieux savoir comment faire, avoir plus de détails, de stratégies et d’outils, je vous invite  à lire mon livre :

  « Les saboteurs sont parmi nous » (Obtenez 15% de réduction avec le code promo : SABOTEURS22)

Conclusion

Les relations humaines sont parfois complexes, difficiles, pas forcément agréables.

La question à vous poser, dans le cadre du travail, lorsque vous avez à côtoyer quelqu’un avec lequel vous n’avez pas d’affinités ou qui vous agace ou vous pompe votre énergie est :

Que désirez-vous mettre en place comme style de relation ?

Que vous sentez-vous capable de faire pour que ça se passe le mieux possible ?

Vous avez là une panoplie de pistes de solutions.

Cela vous permettra, dans la majorité des cas, d’évacuer ou au mois d’atténuer le problème et de mieux vous sentir.

Si toutefois ça n’était pas le cas, utilisez les derniers outils et faites les démarches nécessaires.

Le bien-être au travail est une valeur fondamentale qui est de plus en plus reconnue et mise de l’avant. Alors n’hésitez pas à faire ce qu’il faut pour le développer !

*Le genre masculin est utilisé dans cet article comme genre neutre. L’emploi du genre masculin a pour but d’alléger le texte et d’en faciliter la lecture.

Jacqueline ARBOGAST

contact@jarbogast.com
Auteure, coach, conférencière, formatrice, thérapeute

Ma mission est d’inspirer le plus de personnes à rebondir et bien vivre leur vie !

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